Etienne Daho
28/10/2007

Fernandes Carlos (Draveil) pour Mydaho :
Comment se fait la gestation d'un album et combien de temps dure-t-elle ? Est-ce que tu y penses et y travailles régulièrement entre chaque nouvelle naissance (4 ans en moyenne) ou juste l'année précèdent l'accouchement ?
ED : Bonjour Carlos. La gestation d'un album est une chose mystérieuse que j'ai moi même du mal à expliquer. Je savais que j'avais des choses importantes à délivrer pour "L'invitation" et j'ai un peu tourné autour de l'album en le repoussant inconsciemment. J'ai entamé des projets que je n'ai pas achevé, j'ai passé six mois sur le disque d'Elli Medeiros....Tout était bon pour ne pas s'abandonner à ce disque et un jour, j'ai été contraint de commencer. L'urgence des mots et des musiques qui arrivent en rafale et qu'il faut choper.Tout est devenu clair. Les chansons étaient parvenues à leur maturité. Elles m'ont cédé, j'ai suivi.
Claire (Paris 18) pour Mydaho : L'invitation marque t-il un changement par rapport au dernier album réévolution, dans quel état d'esprit et dans quel sens a été construit cet album ?
ED : Bonjour Claire. "Réévolution" est l'album du changement. Je l'aime encore plus aujourd'hui, car je le comprends mieux. La chanson "Retour a toi" annonce clairement "L'invitation". L'état d'esprit dans lequel j'ai travaillé cet album (un an et demi) est toujours le même à chaque fois. Liberté sans aucune autocensure, mais je me suis senti assez proche de l'état d'esprit dans lequel j'étais pour écrire "Eden". J'avais envie d' écrire sans me ménager, être au plus près de l'os, sans pression d'aucune sorte. Je dois dire qu'avec Capitol, je me suis senti très épaulé.
Frédéric (65) pour Mydaho : Un titre particulier a-t-il servi de déclic pour le fil conducteur de l'album ? Où veux-tu nous inviter ?
ED : Bonjour Frédéric. Le premier titre écrit a été "Cet air étrange". Ce titre me rappelle "Saudade", je ne sais pas pourquoi. Un premier titre donne toujours sa ligne à un album. Ensuite j'ai écrit "Boulevard des Capucines" qui a précisé sa ligne émotionnelle. Où je veux vous inviter ? A me suivre encore une fois.
Arnaud (San Francisco) pour Mydaho : Etienne, quel a été le point de départ de l'invitation ? Une histoire d'amour ou une histoire de fête ?
ED : Bonjour Arnaud. Le point de départ de cet album est le tumulte et les ruptures brutales, douloureuses, mais nécessaires. Ensuite vient l'apaisement. C'est comme un cycle inexorable qui nourrit tous mes disques, mais cette fois ci de manière plus intense. C'est dur à expliquer. Après, il y a une bonne et grosse fête, tout de même. On célèbre le fait d'être sorti vainqueur, comme un soldat. C'est "l'invitation". Un single hors format, pas spécialement facile, mais j'ai l'habitude. Qui m'aime me suive.
ZZ (Columbus, Ohio, USA) pour Mydaho : Bonjour Etienne, dans votre interview avec Vogue Homme International, vous dites que la langue française vous pose des problèmes quand il s'agit de la coller sur des musiques plus anglo-saxonnes. Vos textes sont pourtant toujours ciselés et fignolés. Celui d'Invitation est très percutant, celui de Ouverture me transperce. Comment développez-vous un texte, une fois l'idée de base trouvée ?
ED : Bonjour ZZ. J'adore le français, si précis pour cerner ce que l'on ressent. Les musiques qui me viennent sont souvent complexes et incompatibles avec le français. Je m'acharne souvent à les marier, à donner à l'auditeur une sensation de simplicité et de fluidité. J'écris beaucoup pour garder peu. Chaque texte est provoqué par une émotion. Ensuite pour développer un texte, je ne sais pas vraiment comment ca se passe. Il y a un moment fulgurant où ça vient et je suis. Je ne me souviens de rien ensuite. Je ne me revois pas écrire.
Stéphane (Viroflay) pour Mydaho : Salut Etienne, plus les années passent et plus on te voit livrer de belles émotions sur scène (je me souviens de "Sur Mon Cou" sur la tournée 2001, "Ouverture sur celle de 2005...), et comme tu nous prépares une tournée annoncée comme étant "intimiste" pour soutenir "l'Invitation", je voulais savoir si tu pensais qu'il était plus "difficile" de chanter dans une petite salle où le public est proche que dans un Zénith par exemple ?
ED : Bonjour Stéphane. Ce n'est ni plus, ni moins difficile, c'est différent. En fait j'aime les deux, car la grandeur de la salle n'affecte pas l'intimité entre les spectateurs et moi. Le choix des théâtres cette fois ci est avant tout un choix artistique, car idéal pour présenter ce nouveau disque. Sur la dernière tournée, mon idée de base était de faire des Zéniths et compléter ces concerts par une tournée des clubs, mais cela n'a pas pu se faire. Cette fois ci, c'est peut être dans des plus grandes salles que je ferai la seconde partie de la tournée, si elle se fait, car j'ai un projet d'album un peu différent et je suis tributaire des emplois du temps chargé de ces musiciens.
Raphaêl (Lyon) pour Mydaho : Etienne, comment sera composé ton groupe de scène ?
ED : Bonjour Raphael. Il y aura deux nouveaux venus qui ont fait le disque avec moi, Philippe Entressangle à la batterie et Marcello Giuliani à la basse. Naturellement il y a l'indispensable Mako. Pour les guitares, je ne sais pas encore, j'auditionne.
Christel (Metz) pour Mydaho : Des duos ou surprises sont-il prévus à votre prochaine tournée ?
ED : Bonjour Christel. Je ne sais pas du tout, c'est un peu tôt pour répondre à cela et même si cet album s'appelle "L'invitation", ce qui, tu as raison suppose des invités. Il faut qu'il y ait des surprises. Y compris pour moi même.
Jose (Oviedo/Espagne) et Bruno (Canada) pour Mydaho :
* Salut Etienne! Nous sommes Jose et Sara, tes fans espagnols ! Nous sommes très excités avec ton nouvel album! On adore l'Invitation! Notre question: est-ce que vous avez pensé de visiter l'Espagne et faire des concerts ? On attend! Besos !
* Est-ce que tu planifies une visite ou des concerts au Canada ?
ED : Bonjour José et Sara, J'ai déjà tourné en Espagne, mais faire des concerts à l'étranger nécessite que la maison de disques locale soit avec vous, mette de l'énergie et de l'argent sinon c'est très compliqué. Je suis prêt à jouer partout, mais j'ai besoin d'avoir ce relais indispensable. Le succès de "Un nuevo dia brillara" par Luz Casal a facilité les choses en Espagne et il n'est pas impossible que ça se fasse. J'ai déjà été contacté par un tourneur.
ED : Bonjour Bruno, je ne suis pas revenu au Canada depuis 93, je crois, c'est hallucinant. J'ai un très bon souvenir des concerts que j'ai fait chez vous. C'est vrai que j'ai privilégié le studio ces dernières années et que je n'ai plus voulu faire de tournées aussi longues que par le passé. Mais la aussi, j'ai été contacté pour venir. Il n'est pas impossible que je revienne sur cet album, je ne sais pas encore.
Frédéric (Campan) pour Mydaho : Le fait d’avoir multiplié les collaborations et les productions pendant un moment traduit-il un désir de faire partie d’un groupe et comment vis-tu de porter seul ton œuvre sous le nom de Daho ?
ED : Bonjour Frédéric. Je trouve hyper confortable d'être Daho solo. J'aurais eu beaucoup de mal à être dans un groupe, je suis trop indépendant et je ne supporte pas qu'on m'impose des choses. J'ai tout de même la sensation du groupe, de la famille, lorsque je suis en tournée ou lorsque je fais un album. J'ai les avantages des deux et je suis fier de porter seul ces chansons et ces albums. Je les aime.

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